Interview

publié le 28/07/2011

Thierry, blogueur professionnel au Brésil

Après avoir travaillé pour de grandes entreprises pendant de nombreuses années, Thierry Roget a quitté la France pour s'installer au Brésil. Aujourd'hui, à 51 ans, il vit de ses différents blogs, même si la vie locale est plutôt chère. Cette activité lui laisse une grande liberté et beaucoup de souplesse, tout cela à 200 mètres de la mer. Mais tout cela n'aurait pas été possible sans une planification rigoureuse de son expatriation explique Thierry.

Thierry, blogueur professionnel au Brésil

Thierry, parle-nous un peu de toi et de ton parcours ?
J'ai 51 ans. J'ai quitté la France à 46 ans. Auparavant, j'avais travaillé 20 ans dans les télécoms, dans des grosses entreprises comme Orange, Bouygues, SFR ou Sagem. J'y été responsable des réseaux de transmission. Aujourd'hui je suis blogueur à plein temps. J'habite depuis presque 5 ans à Balneario Camboriu, une station balnéaire au sud du Brésil dans l'état de Santa Catarina, presque au paradis !

Quelles sont les raisons de ton départ de la France ?
J'aime bouger, j'aime changer. De plus, je ne me voyais pas travailler toute ma vie dans une entreprise, je voulais avoir un peu de temps libre pour moi et ma famille. Ma femme est brésilienne, c'est pour cela que nous avons choisi le Brésil. Mais j'aurais très bien pu choisir le sud de la France ou un autre pays comme l'Australie, l'Argentine ou la Colombie...


Comment s'est déroulée ta première année en tant qu'expatrié français au Brésil ?

Très mal, j'ai recommencé à travailler comme un fou. J'ai pris trois représentations commerciales pour trois entreprises américaines. Je voyageais en permanence et résultat des courses, je ne voyais plus ma famille ! Tout à fait l'opposé de mes objectifs initiaux qui étaient d'avoir une vie moins agitée. J'ai donc stoppé net cette activité. J'ai arrêté de travailler pendant 6 mois et je me suis dit que bloguer était un bon moyen de gagner sa vie, avec toute la flexibilité que je souhaitais avoir. J'ai donc créé Cockail Web.

Aujourd'hui, tu vis de tes blogs. Blogueur, est-ce le bon job s'expatrier ?
Pour l'instant, je n'arrive pas à boucler les fins de mois avec cette activité, mais j'espère que d'ici 2 ans, j'aurais atteint le point d'équilibre.
Comme je suis blogueur francophone, je rate beaucoup d'opportunités de contacts. Je pourrais gagner beaucoup plus en France. Cela dit, j'ai la mer à 200 mètres de chez moi et il fait beau dix mois de l'année, je ne vais pas me plaindre.
Etre blogueur, cela veut dire pouvoir travailler partout et dans n'importe quel pays, si je décide de quitter le Brésil, il n'y aura pas d'interruption, je ne devrais pas tout recommencer, c'est ça l'avantage du job.


Parmi de nombreux autres, tu tiens le blog brasil.roget.biz. Que contient-il et pourquoi l'as-tu lancé ?
Ce blog est vraiment mon blog du slow blogging, sur lequel je partage mes petites anecdotes d'expatrié, mes surprises, les chocs culturels et je donne quelques petits conseils. En tout cas, ça me permet de rencontrer des Français qui passent dans la région.


Le slogan de ton blog est : "Vivre au Brésil, c'est cool, c'est pas cool". A quoi fais-tu référence par exemple ?
Bon je résume, c'est cool, car le temps est magnifique et les gens sont sympas. Pour la partie non cool, c'est que la vie est plus chère au Brésil qu'en France. Rien que pour la santé et l'école de mes enfants et en ajoutant la sécurité, je dépense 1800 euros par mois. Une somme que je ne dépenserais même pas en France. Cela dit, j'habite dans une ville très très à la mode, les prix y sont encore plus élevés. Les seules choses qui ne sont pas chères se sont encore les fruits et les légumes et quelques petits restaurants où on peut manger pour 5 euros.


Pour conclure, quels conseils aux internautes tentés par le Brésil ?
J'ai planifié mon expatriation à partir de 2001, j'ai mis 5 ans à élaborer mon plan. Ce plan faisait partie d'un plan très long terme où j'avais programmé d'arrêter de travailler à 40 ans, pour jouir un peu de la vie. J'ai donc réalisé ce rêve à 46 ans. Maintenant je travaille quand je veux et je n'ai personne pour me dire ce qu'il faut que je fasse. Je sais que je ne vais pas toucher une grosse retraite française, puisque je n'aurais cotisé que 20 ans, mais tout ça fait partie de mon plan, tout a été planifié méticuleusement.
Donc un seul conseil : planifier ! Car même en planifiant bien, il arrive tellement d'aléas qu'il faut bien avoir en vue nos objectifs à long terme pour naviguer au jour le jour.

> http://roget.biz/
> Twitter : @thierryroget

En complément

consultez le site :
brasil.roget.biz

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