Interview

publié le 20/09/2011

Laurent, co-directeur d'une agence de trekking à Katmandou

Laurent est co-directeur de "Terres du Népal", une agence de trekking basée à Katmandou au Népal. Un pays dont il est tombé amoureux lors d'un voyage et où il a décidé de revenir s'installer. Aquaculteur de formation, ce passionné de montagnes et de nature a décidé de créer son agence, le projet "le plus facile et le moins risqué" selon Laurent.

Laurent, co-directeur d'une agence de trekking à Katmandou

Peux-tu nous raconter ton parcours ?
J'ai effectué des études en agriculture et passé un BTS en aquaculture. Passionné par la mer, j'ai ensuite trouvé du travail en Bretagne, dans le Finistère. J'y ai travaillé 5 ans dans une ferme aquacole marine. J'adore voyager et mes vacances s'orientaient toujours vers la montagne et la randonnée pédestre. C'est ainsi que j'ai découvert le Népal en 2005.

Quelques mois plus tard, suite à la perte de mon emploi, et ayant un peu de temps libre devant moi, je décide de retourner au Népal. Mon premier séjour m'avait laissé sur ma faim. La montagne avait comblé mes désirs, mais c'est la population et la culture qui m'avait marquées et que je désirais mieux connaître à présent. Je me suis investi dans une association humanitaire (Karya) en tant que volontaire pendant 3 mois. Le but de l'association étant de subvenir aux besoins d'enfants victimes de trafic et de renouer les liens avec leurs familles. Je me suis beaucoup attaché aux enfants et cette expérience extraordinaire m'a permis de m'immerger dans la culture népalaise de la vallée de Kathmandu et de découvrir le pays, avec les népalais.

Pourquoi avoir quitté la France ?
Si je suis tombé amoureux du pays, je suis également tombé amoureux d'une népalaise qui travaillait au sein de l'association. Cela a été une raison de plus (et pas la moindre...) pour s'installer au Népal car mon épouse ne s'imaginait pas trop vivre en France : le décalage culturel lui faisait trop peur.
J'habite au Népal depuis maintenant 3 ans, depuis notre mariage. Mes premières années étaient constituées d'aller-retour entre les 2 pays car je ne pouvais rester au Népal que via un visa touristique valable 5 mois maximum pour année.
 
Comment s'est passé ton installation et ta première année ici ?
Je me suis très vite habitué au pays. C'est surtout une question de caractère car la vie locale est tout de même très spéciale et très éloignée des standards occidentaux. Exemples : nombreuses coupures d'électricité (parfois 16h par jour !), difficultés d'approvisionnement en eau, pollution...
La manière de vivre est aussi très particulière car ils sont très attachés à leurs traditions. Il faut beaucoup de temps et d'observation pour les comprendre... et s'énerver ne sert à rien. J'ai eu la chance d'avoir une belle famille extrêmement ouverte et compréhensive. J'ai aussi pu compter sur quelques rares amis français installés au pays depuis longtemps pour pouvoir me conseiller et m'encourager.
Malgré l'énorme décalage culturel, le manque de confort et les nombreux problèmes administratifs (la corruption fait partie de la vie quotidienne), j'apprécie la manière de vivre : on s'aperçoit que rien n'est indispensable !
A chaque problème, il existe une solution, même si elle est trouvée d'une manière souvent surprenante et inattendue.
Les gens prennent le temps de vivre et ne sont pas pressés par des objectifs... Et puis ils ont toujours le sourire et le sens de l'accueil... Discuter autour d'une tasse de thé est le sport national ! 

Comment est née ton activité professionnelle ?
Ayant effectué quelques treks durant mes premières années, j'avais pu apprécier les beautés du pays. Katmandou est une ville grouillante et les népalais sont très curieux. C'est par une rencontre fortuite qu'un népalais m'a suggéré de créer une agence de voyage. L'idée m'a tout de suite plu et cela me semblait le projet le plus simple et le moins risqué.
J'ai donc démarré de zéro et appris mon métier ''sur le tas'', au contact de mes amis népalais. J'ai effectué un important travail pour créer et référencer le site web www.terresdunepal.com qui m'a apporté mes premiers clients. Désormais l'agence commence à être reconnue et je peux vivre de mon activité.
Mon épouse est directrice de l'agence pour simplifier les démarches administratives et je travail comme co-directeur. Nous n'avons qu'un seul employé à plein temps, mais une équipe d'une dizaine de guides contractuels. Mon rôle est donc large : marketing, communication, gestion, comptabilité, guide...

Il faut savoir que mon installation professionnelle au Népal a été facilitée par le mariage. Sans cela je n'aurai pas eu la possibilité de m'établir. Les lois et les administrations népalaises sont peu encourageantes pour les étrangers. A moins d'avoir des garanties financières solides, il n'est pas facile de créer une entreprise en tant qu'étranger. Aussi, il faut trouver le bon créneau car le Népal est un pays pauvre, avec une économie et un secteur industriel très peu développés. La plupart des expatriés installés au Népal sont employés par des firmes étrangères.

Quels conseils donnerais-tu à un français qui veut s'expatrier ici ?
Il y a trop de conseils à donner.... C'est l'occasion qui fait qu'un étranger s'installe au Népal. On n'y arrive jamais par hasard. Mais il est certain qu'avant de s'y installer, il faut prendre le temps de vivre dans le pays quelques temps pour s'imprégner de leur culture et de leur façon de vivre. Quelques étrangers installés au Népal s'en lassent après quelques années (fatigue, pollution, lassitude de ne voir rien évoluer...), donc prendre quelques mois pour découvrir le pays ne peut être que bénéfique ! Et puis après, il faut bien se lancer : qui ne tente rien n'a rien...!

En complément



Interview réalisée par Fanny Le Gallou et Zélie Verdeau dans le cadre du projet What Women Wish.
 

consultez le site :
whatwomenwish.fr

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