Après avoir travaillé pour de grandes agences de publicité parisiennes en France, Nicolas est devenu planneur stratégique* pour une agence de publicité internationale à Bangalore dans le sud de l'Inde. Ce passionné de voyages a découvert le pays en 2006 lors d'un échange et y est revenu quelques années plus tard pour y travailler. Une expatriation en Inde n'est pas toujours simple reconnaît-il, mais les Indiens sont très accueillants, drôles et accessibles...

Quelles furent vos premières impressions sur ce pays ?
J'ai découvert l'Inde en 2006 lors d'un échange avec une école de commerce à Bombay pendant un semestre. Le choc culturel a été très fort les premiers jours d'autant que c'était la première fois que je voyageais en Asie. J'étais perdu, littéralement, avec l'impression d'être arrivé dans un autre monde. C'était effrayant et hyper excitant à la fois. Au final, c'est la fascination de la découverte quotidienne qui l'a emportée. En quittant le pays, nous nous étions dits avec mon amie que c'était malgré tout un pays où travailler serait impossible. Puis nous avons changé d'avis quand j'ai eu une opportunité de venir m'installer ici.
C'est un autre monde. Il faut tout (ré)apprendre, c'est assez intéressant. Le quotidien est quand même assez difficile avec les embouteillages, le bruit, la saleté... Mais c'est un chaos organisé ! Il faut réussir à faire abstraction ou prendre les choses positivement sinon, cela peut être stressant.
A part ça, les Indiens sont hyper accueillants, drôles et accessibles, ce qui rend les échanges très agréables. Bref, ce que j'aime en Inde, c'est que l'on a l'impression qu'on en aura jamais fait le tour, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir, à apprendre, à ne pas comprendre etc.
Qu'appréciez-vous déjà le plus ici ? Et le moins ?
Ce que j'apprécie le plus ici c'est le sentiment de liberté. Cela peut paraître paradoxal dans un pays comme l'Inde, plein de contraintes... Il y a la liberté de mouvements déjà. L'espace urbain est chaotique mais finalement il est beaucoup moins restreint qu'en France. Il y a peu de passages que l'on ne puisse emprunter en deux roues ici par exemple, ce qui donne des raccourcis très souvent assez inédits ! Il y a aussi toujours un rickshaw à prendre pour vous emmener où vous voulez ou presque. Ensuite, et c'est certes un privilège de "western people", ou de "blanc" disons-le, mais toutes les portes vous sont ouvertes, de l'hôtel 5 étoiles aux rues crasseuses, on est accueilli partout.
Liberté aussi parce que l'Inde est globalement "safe" (sûre), malgré les différences énormes de niveau de vie, on ne se sent presque jamais en insécurité. Liberté aussi due au coût de la vie bien inférieur à ce qu'on peut connaître en Europe et qui permet donc d'élargir l'horizon du possible.
Plus globalement, ce que j'apprécie ici, c'est la découverte permanente. C'est un monde différent, donc un simple trajet pour aller au boulot c'est fascinant. Espérons juste que j'arrive à garder cette fascination longtemps...
Ce que j'aime moins, c'est bien entendu la pollution ambiante, la saleté de la ville et les embouteillages qui sont les premiers aspects qui sautent aux yeux. Le manque d'ambition esthétique des Indiens au niveau notamment de l'architecture est un autre aspect que je trouve dommage surtout quand on voit leur histoire.
Au-delà-de ça, ce que l'on découvre au fur et à mesure, et qui est plus grave, c'est le cloisonnement des différentes communautés et la façon dont certains sont ici traités comme du bétail. On sent, en plus, que ce n'est pas forcément prêt de changer !
Quel est votre sentiment sur l'intégration des Français en Inde ? Vous semble-t-elle simple ou non ?
Au premier abord, non, je ne pense pas que ça soit simple... Comme pour tout Européen qui arrive ici d'ailleurs. Après, tout dépend du contexte dans lequel on arrive et de son expérience passée. Le mode de vie, de pensée change quand même assez radicalement, donc il faut soit être habitué à s'adapter, soit avoir envie de tout changer. Maintenant, j'ai rencontré pas mal de Français qui étaient ici depuis des années et qui étaient très bien intégrés avec beaucoup d'amis Indiens. D'autres préfèrent côtoyer des expatriés ou finissent par rester entre eux car c'est plus facile de pouvoir partager les mêmes choses. Tout dépend de son état d'esprit et de son expérience, mais je pense que c'est possible de bien s'intégrer ici, les Indiens ne sont pas fermés.
(Planneur stratégique : Personne chargée d'élaborer les stratégies de communication)